Coronavirus : 89 nouveaux décès en France en 24 heures, la situation "s'aggrave rapidement"


19 mars 2020

Alors que les Français sont confinés chez eux depuis mardi midi, le bilan des victimes du coronavirus ne cesse de s'alourdir. Selon le gouvernement, la situation "s'aggrave rapidement" et le risque de saturation des services d'urgence s'accroit.

Selon le dernier bilan officiel mercredi, l'épidémie de Coronavirus a fait 264 morts en France, 89 patients sont décédés ces dernières 24 heures. 3.626 personnes sont hospitalisées dont 931 en réanimation. Parmi ces cas les plus graves, la moitié sont âgés de "moins de 60 ans", a insisté le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. "L'épidémie s'étend sur le territoire national et la situation s'aggrave rapidement", a-t-il prévenu en pressant les Français de respecter "impérativement" le confinement mis en place depuis mardi midi et les mesures barrière pour faire obstacle à la transmission du virus afin d'atténuer la charge des soignants.

"Etat d'urgence sanitaire"

Avec un pays quasiment à l'arrêt, le gouvernement s'apprête à créer un "état d'urgence sanitaire" accompagné de mesures d'urgence pour soutenir la vie économique. L'exécutif a examiné mercredi des dispositions pour notamment restreindre certaines libertés ou ordonner des réquisitions. Il pourra prendre par ordonnances des mesures pour soutenir les entreprises et limiter les licenciements.

Le ministre de l'Economie a d'ailleurs appelé les employés des secteurs essentiels à continuer à se rendre au travail, en prenant leurs précautions. "Il faut bien que nous puissions nous nourrir, que les familles françaises puissent se rendre dans les magasins de la grande distribution et acheter des produits alimentaires", a déclaré Bruno Le Maire alors que des débrayages ont eu lieu dans plusieurs entreprises comme dans le Territoire de Belfort, le Loiret et la Loire. Des salariés inquiets pour leur santé se disent prêts à faire jouer leur droit de retrait après l'instauration des mesures sanitaires. Angoisse partagée par les chauffeurs routiers, qui sillonnent le pays pour livrer des marchandises alimentaires ou des produits manufacturés.

Services hospitaliers saturés dans l'Est, situation tendue en Ile-de-France

Dans le Grand Est, région la plus touchée, les services hospitaliers sont saturés. L'hôpital militaire de campagne promis par le président Macron ne sera pas installé avant le 27 mars a appris France Bleu Alsace ce mercredi. Installé à Mulhouse, il disposera d'une trentaine de lits. Dans la journée, un avion de l'armée de l'air a évacué six patients de Mulhouse vers Marseille et Toulon au moyen d'un dispositif réservé jusque-là aux zones de conflits. Une première en France.

Outre la situation difficile dans le Grand Est, la situation se tend également en Ile-de-France. L'état des lieux est déjà dramatique dans les Ehpad, a alerté Gaël Durel, président de l'Association des médecins coordinateurs et du secteur médico-social : "Lorsque le virus rentre dans (un) établissement, on assiste à des taux de 75% de résidents atteints par le virus et des taux mortalité catastrophiques, au-delà de 20 à 30%" a-t-il dit sur RTL. "Il n'y a pas de place pour eux à l'hôpital, ils sont trop vulnérables (...) on va privilégier, ce qui est tout à fait compréhensible, des personnes qui ont plus de chance de pouvoir s'en sortir".

Pénurie de masques

Alors que partout en France des initiatives privées fleurissent, le gouvernement a reconnu mercredi des "difficultés logistiques" dans la fourniture de masques, alloués "en priorité aux soignants" qui s'alarment de devoir travailler sans protection. 5 millions de masques militaires ont été livrés aux centres hospitaliers selon le ministère des Armées et 25 millions sont en cours de livraison aux pharmacies et établissements de soins. La Chine en a offert un million à la France et des commandes ont été passées aux entreprises françaises et à l'international, a assuré le directeur général de la Santé.

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a pour sa part dénoncé des "vols inadmissibles (...) en grande quantité, dans des hôpitaux, notamment à Montpellier, où 15.000 masques ont disparu".

"4.095 procès verbaux dressés" en France pour non-respect des règles de confinement

Depuis mardi mdi des mesures strictes de confinement sont en vigueur sur l'ensemble du territoire. Mesures qui doivent permettre "d'écrêter" la courbe de l'épidémie, c'est à dire limiter l'afflux en nouveaux malades.

100.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés, infligeant désormais une amende forfaitaire de 135 euros en cas "violation des interdictions de se déplacer hors de son domicile". En 24 heures, "4.095 amendes ont déjà été dressées", a annoncé mercredi soir le ministre de l'Intérieur. "Nous sanctionnerons plus si c'est nécessaire mais ce n'est pas l'objectif qui est de protéger les Français", a indiqué Christophe Castaner sur TF1.